Alors que la désignation du prochain candidat socialiste à l'Elysée est prévue en novembre, Laurent Fabius a déploré "un calendrier assez tardif" et qui "risque d'introduire une certaine paralysie dans l'opposition, en tout cas chez les socialistes".
"Nos critiques, a-t-il regretté, risquent d'être moins entendues" du fait que plusieurs voix s'exprimeront d'ici le choix du candidat.
M. Fabius avait déjà laissé entendre qu'il serait candidat à l'investiture de son parti. En août 2005 à La Rochelle, il avait ainsi lâché avec humour à la presse qu'il n'était pas "absolument avéré qu'(il) soit le seul candidat" à l'investiture.
Le député de Seine-Maritime a porté un jugement "sévère" sur l'action gouvernementale. La situation du pays est "extrêmement médiocre", le bilan du ministre de l'Intérieur "est un bilan lamentable, d'échec" dans le domaine de la sécurité et il est "responsable d'un cinquième de la dette" pendant son passage au ministère de l'Economie et des Finances. Le Premier ministre Dominique de Villepin incarne "la droite régressive" et, au plan international, "la voix du président de la République ne porte guère".
Revenant sur sa démarche, M. Fabius a estimé que "la grande leçon de 2002 (dernière élection présidentielle, NDLR) et des commémorations de la mort de François Mitterrand, c'est que les Français n'acceptent pas la renonciation à la volonté". "La politique, c'est la volonté", a-t-il assuré, citant la phrase de François Mitterrand : "Là où il y a une volonté, il y a un chemin".
Il faut, a-t-il repris, "une volonté qui change (les choses) sur le terrain". Cela signifie notamment "apporter les sécurités, physique, professionnelle, sociale et sanitaire, environnementale".
L'ex-Premier ministre a insisté sur la nécessité de "s'attaquer aux dérives massives de la mondialisation libérale". "Une Europe ouverte, oui, une Europe offerte, non", a-t-il lancé, après avoir demandé qu'avec la Chine, "on organise la discussion d'une manière qui ne soit pas naïve". M. Fabius a aussi indiqué qu'il ferait ces prochains mois "des propositions - positives, a-t-il insisté-, de relance européenne".
Il a par ailleurs souligné que "s'il n'y a pas de rassemblement à gauche, le changement est impossible". Commentant la préparation d'un sommet de la gauche fin janvier pour commencer à parler d'un contrat de gouvernement pour 2007, il a demandé à la direction du PS de "ne pas faire d'exclusive". "Les invitations doivent être larges, elles peuvent être refusées", a-t-il dit, alors que le PCF insiste pour que la LCR (trotskiste), qui y est pourtant hostile, soit conviée à cette réunion. |