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Egalite 91

Les amis de Laurent FABIUS en Essonne

Laurent Fabius officiellement candidat à l'investiture PS pour 2007

JL | 10 Janvier, 2006 19:00

AFP, 10 janvier 2006, 15 h 26

L'ancien Premier ministre Laurent Fabius a annoncé mardi lors de ses voeux à la presse qu'il serait candidat à l'investiture du PS pour la présidentielle de 2007, estimant que la gauche devait se fixer pour objectif "de changer la vie, vraiment".

Interrogé par l'AFP sur ses intentions, Laurent Fabius, debout devant un micro à la questure de l'Assemblée nationale, a simplement répondu d'un ton ferme : "oui".

Le député de Seine-Maritime a précisé que trois "maîtres mots" guideraient son action : "la volonté, le changement et le rassemblement" de la gauche.

Alors que la désignation du prochain candidat socialiste à l'Elysée est prévue en novembre, Laurent Fabius a déploré "un calendrier assez tardif" et qui "risque d'introduire une certaine paralysie dans l'opposition, en tout cas chez les socialistes".

"Nos critiques, a-t-il regretté, risquent d'être moins entendues" du fait que plusieurs voix s'exprimeront d'ici le choix du candidat.

M. Fabius avait déjà laissé entendre qu'il serait candidat à l'investiture de son parti. En août 2005 à La Rochelle, il avait ainsi lâché avec humour à la presse qu'il n'était pas "absolument avéré qu'(il) soit le seul candidat" à l'investiture.

Le député de Seine-Maritime a porté un jugement "sévère" sur l'action gouvernementale. La situation du pays est "extrêmement médiocre", le bilan du ministre de l'Intérieur "est un bilan lamentable, d'échec" dans le domaine de la sécurité et il est "responsable d'un cinquième de la dette" pendant son passage au ministère de l'Economie et des Finances. Le Premier ministre Dominique de Villepin incarne "la droite régressive" et, au plan international, "la voix du président de la République ne porte guère".

Revenant sur sa démarche, M. Fabius a estimé que "la grande leçon de 2002 (dernière élection présidentielle, NDLR) et des commémorations de la mort de François Mitterrand, c'est que les Français n'acceptent pas la renonciation à la volonté". "La politique, c'est la volonté", a-t-il assuré, citant la phrase de François Mitterrand : "Là où il y a une volonté, il y a un chemin".

Il faut, a-t-il repris, "une volonté qui change (les choses) sur le terrain". Cela signifie notamment "apporter les sécurités, physique, professionnelle, sociale et sanitaire, environnementale".

L'ex-Premier ministre a insisté sur la nécessité de "s'attaquer aux dérives massives de la mondialisation libérale". "Une Europe ouverte, oui, une Europe offerte, non", a-t-il lancé, après avoir demandé qu'avec la Chine, "on organise la discussion d'une manière qui ne soit pas naïve".

M. Fabius a aussi indiqué qu'il ferait ces prochains mois "des propositions - positives, a-t-il insisté-, de relance européenne".

Il a par ailleurs souligné que "s'il n'y a pas de rassemblement à gauche, le changement est impossible".

Commentant la préparation d'un sommet de la gauche fin janvier pour commencer à parler d'un contrat de gouvernement pour 2007, il a demandé à la direction du PS de "ne pas faire d'exclusive".

"Les invitations doivent être larges, elles peuvent être refusées", a-t-il dit, alors que le PCF insiste pour que la LCR (trotskiste), qui y est pourtant hostile, soit conviée à cette réunion.


La volonté trouve toujours son chemin

JL | 05 Janvier, 2006 18:56

Laurent Fabius vous présente tous ses voeux pour 2006 et développe quelques réflexions sur les enjeux de 2006.

Pour la France, en raison du calendrier politique, 2006 risque d’être en réalité dominé par 2007. Et 2007 se jouera largement sur la notion de « changement ».

La situation économique, sociale, psychologique de notre pays est en effet malheureusement si préoccupante que la nécessité de changements profonds crève les yeux. Beaucoup de Français, et pas seulement de gauche, sont fatigués du contexte actuel où on leur demande de lourds efforts, sans vraie efficacité, ni justice, ni perspective. Il est probable que nos concitoyens saisiront la prochaine grande échéance démocratique pour exprimer leur volonté d’alternance.

A partir de ce constat de bon sens, on peut toutefois tirer des conclusions opposées. Le chef de l’UMP martèle, lui, l’idée qu’il incarnerait le changement, alors que la gauche exprimerait, à ses yeux, l’immobilisme. Je pense exactement l’inverse.

N. Sarkozy, porteur de changement ? Certainement pas, si « changer » signifie avancer et construire. Son vrai projet est de nature libéro-communautariste, contraire à notre tradition et à l’intérêt général. Le n°2 du gouvernement est aux affaires depuis désormais assez longtemps pour qu’on puisse le juger sur ses résultats. A Bercy, sa gestion des finances publiques a été médiocre et sa politique industrielle faible. Au ministère de l’Intérieur, son bilan en matière de sécurité publique - au-delà de la propagande - est mince. Sa démarche envers les collectivités locales est calamiteuse. Quant à ses provocations et divisions à répétition, le cinéaste Luc Besson a évoqué en une formule cinglante le comportement de « Karcher 1er ». Il est exact que l’activisme n’a jamais remplacé l’action.

A partir de là, la gauche devrait être portée par une lame de fond. Ce n’est pas (encore ?) le cas. Il nous reste en effet plusieurs conditions à réunir.

D’abord - et ce n’est injurieux pour personne de le souligner - il existe un problème incontestable de leadership. Celui-ci n’émergera qu’avec la désignation du candidat socialiste. C’est pourquoi on doit souhaiter qu’elle ne soit pas trop tardive. Ensuite, il nous faut dresser un tableau véridique de la situation du pays. L’emploi salarié ne repart pas. L’endettement français est massif et, surtout, il continue de s’accroître. Le commerce extérieur plonge. La cohésion sociale et l’éducation sont en panne. Les retraites et l’assurance maladie ne sont pas financées. Ce qui n’empêche nullement MM. de Villepin et Sarkozy d’étaler leurs mérites supposés par médias interposés ! La réalité, c’est que en matière de recherche scientifique, clé de l’avenir, rien de nouveau n’est engagé par eux, ou trop peu. Rien de concret pour relancer la dynamique européenne. Rien concernant la stratégie indispensable pour relever le colossal défi chinois, celui de la mondialisation. A la gauche de dire la vérité, sans complaisance, et d’assortir son diagnostic d’une détermination farouche. Nous possédons de puissants atouts. Ni la France ni l’Europe ne sont condamnées. J’ai souvent parlé de la nécessité d’un grand dessein. Notre pays doit oser.

Le projet de la gauche, c’est notamment de permettre à la fois de progresser et de protéger. Un emploi, une formation, un logement : voilà un message de progrès, simple, concret, accessible, que souhaitent les Français. Nos concitoyens demandent aussi aux dirigeants politiques de faire respecter quatre sécurités majeures : la sécurité physique (présence de la police de proximité et lutte contre le terrorisme), la sécurité sanitaire et sociale (confiée davantage aux partenaires sociaux), la sécurité professionnelle (formation systématique et reclassement plutôt que licenciement et précarité), la sécurité environnementale (la France doit prendre la tête d’une démarche de social-écologie). Pierre Mendès France soulignait avec raison que, face à l’argent fort, il fallait un Etat fort. Nous devons réhabiliter cet Etat fort - ce qui ne veut pas dire bureaucratique -, refonder notre démocratie (réforme des institutions, service civique obligatoire, décentralisation audacieuse) et pratiquer une laïcité républicaine sans faiblesse.

Sur ces bases-là, 2006 doit commencer à montrer qu’on peut rassembler la gauche, les verts et tous ceux qui souhaitent le changement pour faire redémarrer la France. La leçon d’Avril 2002 ne doit pas être oubliée : ou bien les responsables de gauche font le nécessaire pour opérer le rassemblement ; ou bien ils préfèrent les poisons de la division, et ils en subiront les conséquences : le drame, c’est que la France alors aussi ! Comme des millions de Français, je refuse cette fausse fatalité. J’agirai avec détermination pour le rassemblement.

Ces jours-ci, que d’admirateurs de F. Mitterrand ! Combien de fois m’a-t-il confié avec le sourire : « vous verrez qu’après m’avoir attaqué avec violence ils voudront m’étouffer sous leurs compliments ». Nous y sommes ! Et bien, inspirons-nous du meilleur de son enseignement : la volonté trouve toujours son chemin.


 
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